2006 ALBI Les Arts moyens aujourd’hui

Neuvièmes rencontres internationales de sociologie de l’art

Albi, 30 mars-1er avril 2006

Il y a 40 ans, Pierre Bourdieu, Luc Boltanski, Robert Castel et Jean-Claude Chamboredon publiaient : Un art moyen. Essai sur les usages sociaux de la photographie (Editions de Minuit, Paris, 1965), fruit d’une grande enquête sociologique où ils étudiaient les usages sociaux de la photographie. Ils en montraient d’abord le caractère normatif et la prégnance des conformités. Ils montraient aussi combien pesait sur les pratiques le poids des hiérarchies sociales et de leurs représentations. Peut-on aujourd’hui reconvoquer à nouveaux frais la problématique des “arts moyens“ ? L’idée d’une monosémie culturelle battue en brèche par les enquêtes contemporaines, l’hypothèse de la diversité des pratiques et du sens donné aux pratiques peuvent aujourd’hui être réexaminées. N’y a-t-il vraiment qu’un seul “peintre du dimanche“, simplement modalisé par les statuts sociaux, un seul vidéaste amateur se conformant aux règles de l’espace social ?

A une époque où les frontières entre amateurs et professionnels sont devenues de plus en plus floues dans de nombreuses pratiques artistiques justifiant qu’on s’interroge sur la définition de ce terme, et après 40 ans d’avancées technologiques fulgurantes, ce sera l’occasion de ré-examiner la modernité d’un concept à l’aune des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) et d’un ensemble d’instruments technologiques qui n’existaient pas à l’époque : Vidéo, téléphones portables, appareils photo numériques, caméras numériques, photo et camera numériques intégrées dans les téléphones portables, Internet,Web, Net Art, Cyber-pratiques, etc… Que dire ainsi de la tension art moyen/art majeur à une époque où la photo et la vidéo (par exemple) ont accédé, sous certaines formes de leurs utilisations, au statut d’art majeur ?

On voudrait, à travers ce colloque, explorer la diversité des pratiques des amateurs, au double sens du terme, et la diversité des pesanteurs sociales s’exerçant sur ces pratiques. Autoriser l’exploration d’une multi-détermination des pratiques des arts moyens pourrait être l’occasion d’explorer un espace aux dimensions multiples et croisées, de calculer des degrés d’autonomie, d’entrevoir aussi le fardeau de certaines stéréotypies. L’on voudra ainsi, grâce aux multiples interventions proposées dans le colloque, dessiner la figure contemporaine du champ des “arts moyens“.

Lien vers la publication des actes du colloque sur le site de l’éditeur (L’Harmattan)