2007 AIX La mort et le corps dans les arts aujourd’hui

Onzième colloque international de sociologie de l’art du GDR OPuS

Ce colloque, par les analyses croisées de sociologues, d’anthropologues, de spécialistes de l’art, etc., français et étrangers, considère la mort au travers des objets, des pratiques et des constructions artistiques, il propose en outre d’appréhender la construction sociale contemporaine de la mort et de sa matérialisation qu’est le cadavre.

 

« Mais que l’artiste se rassure ! Quoi qu’il propose aux yeux des autres dans l’ordre du réalisme, de la violence, de l’horreur, de l’abject ou de l’infâme, il sera toujours dépassé par la réalité vraie ! »
Marc Jimenez, entretien, L’Observatoire de la génétique, n° 27, avril-mai 2006.

« Depuis la fin du siècle dernier, subitement la mort s’est tue : la mort est devenue dans les sociétés occidentales […] l’obscénité par excellence, le mot que l’on ne doit pas prononcer, la chose que l’on ne peut évoquer1. » Pourtant, ce thème de la mort effectue un retour en force dans la société occidentale et ce particulièrement au travers de la création contemporaine : arts visuels, littérature, spectacles vivants ou éphémères, cinéma, séries télévisées, théâtre, chansons et musiques, bandes dessinées, etc., aucun domaine artistique n’y échappe, les médias s’en font l’écho, jusqu’à la presse qui l’étale en images.

Si le thème de la mort et du cadavre en eux mêmes traversent toute l’histoire de l’art et ont fait l’objet de nombreuses recherches en sciences humaines et en esthétique, ce qui nous interpelle est la façon actuelle, différente et/ou innovante dont les créateurs contemporains s’en saisissent, ce qu’ils donnent à voir, à entendre et à lire aux publics. La mort se décline dans leurs œuvres sous toutes ses formes, des plus spectaculaires et horrifiques aux plus banales et communes, mais le vrai changement par rapport aux siècles précédents est la place que le cadavre réel y occupe, sujet mais aussi objet au sens de matière première de l’œuvre. Leurs créations, au-delà du fait qu’elles plaisent, dérangent, heurtent parfois, font l’objet de débats et polémiques, interrogent nos pratiques et représentations – notre rapport social à la mort –, et posent la question des limites (éthiques et esthétiques) de l’œuvre.

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