2005 MONTREAL Enonciation artistique et socialité

L’objectif général du colloque « Énonciation artistique et socialité » est d’analyser et de comprendre d’un point de vue interdisciplinaire en quoi les formes de l’énonciation artistique (arts plastiques, littérature, cinéma, cirque…) contribuent à façonner et à modifier la socialité – entendue ici comme la sensibilité collective, comme l’“ être-ensemble ” d’un groupe social. Parmi les trois sphères culturelles – la connaissance, la morale et l’esthétique – qui achèvent au XVIIIe siècle leur processus d’autonomisation, la sphère esthétique apparaît d’emblée comme le lieu où s’opère l’articulation du singulier et du collectif. C’est parce que la communication sensible est immédiate, et ne passe pas par la médiation d’un concept, d’une règle ou d’une loi, qu’elle réalise le plus complètement l’accord des singularités. Ce privilège de la sphère esthétique sur les autres sphères culturelles fait en sorte que l’expérience artistique nous ramène toujours du côté de la socialité. Si cette question de l’être ensemble esthétique, qui hante la théorie des arts depuis les débuts de la modernité, a d’abord été posée par les philosophes, elle intéresse aujourd’hui aussi bien les sociologues que les spécialistes des sciences du langage. En effet, la question de l’articulation de l’œuvre et de la sensibilité collective a connu une nouvelle actualité avec le pragmatic turn pris par les sciences humaines et sociales depuis une vingtaine d’années. Il est désormais admis que l’énoncé artistique (le contenu et la forme de l’oeuvre) est inséparable de l’énonciation artistique (les effets produits par l’œuvre), et que finalement l’oeuvre n’existe pas en dehors de son contexte de diffusion et de réception. Ici les théories du langage (Wittgenstein, Austin, Searle, Récanati…) rejoignent l’histoire sociale de l’art et la sociologie de l’art (Haskell, Becker, Latour, Hennion…).

Lien vers la publication des actes du colloque sur le site de l’éditeur (L’Harmattan)

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