Présentation

Le GDRI OPuS 2 poursuit le travail de recherche du GDR OPuS n° 1958. Ce GDR créé en 1999 et renouvelé en 2003 est né après une série de colloques internationaux de Sociologie de l’art organisés à Grenoble en 1991, 1993, 1995, et enfin en 1997 où l’ensemble des responsables des équipes françaises membres du GDR s’étaient retrouvés.

Le but du GDR était de constituer une communauté de chercheurs prêts à mettre en commun les résultats de leurs recherches et à les développer par la confrontation et la comparaison. Il s’agissait donc de créer un réseau de coopération scientifique. Cet objectif a été réalisé au delà de ce qui était espéré : le nombre d’équipes ayant rejoint le réseau a plus que doublé en huit ans, celui des chercheurs est passé de 60 à plus de 150.

Dès l’origine, il y avait la volonté d’intégrer les doctorants dans ce travail collectif et de participer ainsi à leur socialisation de chercheurs. Plus d’une centaine de doctorants participent ainsi aux recherches du réseau et se réunissent chaque année de façon autonome. La mise en place d’une liste de diffusion électronique (à laquelle vous pouvez vous abonner ici) a permis d’assurer des relations quotidiennes entre les temps de rencontres scientifiques.

D’autre part, il s’agissait de mettre à l’agenda de la recherche en sociologie de l’art la question de l’analyse des œuvres d’art, sans pour autant négliger ce qui avait été jusque-là surtout développé dans ce champ de recherche, à savoir l’amont et l’aval de l’œuvre.

Sur le fond, treize années d’existence, de débats, de travaux, de publications permettent de répondre par l’affirmative à la question posée en 1985 à Marseille : la sociologie des œuvres est possible, et la preuve de sa possibilité est dans son existence même. De nombreux chercheurs la pratiquent, se regroupent pour la pratiquer, organisent en son nom des échanges scientifiques soutenus.

Ce premier constat, il est vrai, n’apporte aucun élément d’appréciation quant à sa légitimité scientifique. Sur ce point, les problèmes de la sociologie des œuvres ont été déplacés, repensés, transformés, et cette mise en mouvement constitue bien généralement l’indice d’un progrès scientifique. Certaines questions, qui semblaient décisives, sont aujourd’hui purement et simplement abandonnées, comme celle de la spécificité nécessaire du discours sociologique sur l’œuvre. C’est au contraire dans une large ouverture sur les disciplines voisines que la sociologie des œuvres entend désormais se constituer. Le problème n’est pas davantage d’isoler le travail mené sur l’œuvre des autres grandes démarches de la sociologie de l’art. A la revendication, un peu jalouse, d’une sociologie des œuvres, succède pour beaucoup d’entre nous, une manière élargie de lire ces dernières, les comprenant non plus comme des objets clos et définitifs, mais comme des pratiques collectives, des processus de construction et d’échanges d’objets qui unissent tous les acteurs aux différentes étapes de l’activité artistique. Aussi convient-il de parler de la sociologie des œuvres non comme d’une tranche autonome de la sociologie de l’art, mais comme d’un certain type d’entrée dans la sociologie de l’art, qui ne peut donner de résultat que dans le dialogue avec les autres entrées, celles des professions artistiques, du marché, de la réception, etc. Plus encore, dans la mesure où l’intérêt pour l’œuvre commande un intérêt pour la production et pour la réception, dans la mesure où elle est même la seule à offrir un point d’articulation entre production et réception, nous pouvons contribuer à une sociologie de l’art qui fait à l’œuvre une situation de rencontre, de jonction ou de synthèse. À titre d’exemple, nous pourrons travailler sur les œuvres qui font polémique ou discussion, c’est-à-dire saisir d’une part ce qui dans l’œuvre, et dans le travail artistique, ouvre l’espace polémique, et d’autre part l’espace des postures de la réception.

Le chantier actuel, ou la remise en chantier, de la sociologie des œuvres, a été fortement dynamisé, au cours des dernières années, par le GDRI OPuS. Ce dernier a contribué utilement à sortir cette problématique de la marginalisation dans laquelle elle était confinée. Il nous semble qu’en cela, le GDRI a contribué aussi à une certaine revalorisation de la sociologie de l’art en général, en montrant à quel point elle peut et doit constituer une contribution, à l’égal de toutes ses autres spécialités, à la sociologie générale.

Le GDRI a permis le rapprochement des sociologues de l’art membres des trois organisations internationales : Association internationale des sociologues de langue française, European Sociological Association, International Sociological Association. Ce rapprochement se concrétise notamment par la collaboration de l’AISLF avec le GDR dans l’animation scientifique de la seule revue scientifique dans le domaine : Sociologie de l’art, créée par le CR 18 de l’AISLF et élargie aux autres associations — résumés en anglais et espagnol, publications d’articles en anglais dans la nouvelle formule qui est passée en 2000 d’un à deux numéros par an.

Depuis son origine, le réseau GDRI a toujours été ouvert aux doctorants. Ceux-ci sont appelés à participer à toutes ses activités. Une évaluation de cette participation peut être fournie par le fait que près de 20% des communications lors des six premiers colloques ont été données par des doctorants.

Les Journées internationales du GDRI qui ont été organisées tous les ans depuis 1999 ont porté sur les questions suivantes :

Chaque colloque a été organisé selon les normes internationales des journées scientifiques : appel à contribution, commission de sélection internationale, anonymisation des propositions avant évaluation. De même, les actes de ces journées ont tous été publiés selon la même procédure (comité de sélection international, anonymisation des textes avant évaluation).

Au cours de ces rencontres internationales de très nombreux chercheurs étrangers ont participé aux travaux collectifs, ce qui a permis de nouer des collaborations régulières, qui ont souvent dépassé les seules rencontres annuelles. Les équipes françaises et étrangères qui ont souhaité créer le GDRI OPuS 2 se sont accordées sur des objectifs généraux communs :

  • Poursuivre la réflexion sur les œuvres en lui assurant un élargissement disciplinaire

Le travail accompli, qui a fait lever la suspicion que la sociologie pouvait porter sur les œuvres de l’art et de la littérature, autorise désormais à ouvrir notre travail aux chercheurs d’autres disciplines travaillant sur l’art et la culture. C’est un nouvel enjeu que de construire une coopération scientifique interdisciplinaire sur l’art, afin que la sociologie de l’art s’enrichisse du dialogue avec les disciplines voisines, histoire, anthropologie, philosophie, économie, littérature comparée, sémiologie.

  • Construire un réseau au niveau international

Des chercheurs étrangers participent déjà au réseau OPuS. A la faveur, notamment, de l’organisation de manifestations à l’étranger (au moins un colloque au Canada, voir ici), nous tenterons d’associer à notre démarche de nombreux chercheurs étrangers, notamment d’Europe et d’Amérique du Nord.

  • Maintenir résolument l’association des jeunes chercheurs au travail du GDRI en tous ses niveaux.

Pour réaliser ces objectifs, nous poursuivrons l’organisation de journées scientifiques internationales régulières une à deux fois par an en France et à l’étranger (voir les événements scientifiques dont le GDRI OPuS est partenaire ici).